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Dean Gazeley-El sueno de Alonso Quijano
La Politique Grise est un traité politique écrit au début de l'an 21 par un théoricien politique des Rosiers, le seigneur Scot Moore. Ce traité, écrit au départ pour la famille Lawliet, parle des seigneurs des Grisonnes et la façon dont ceux-ci sont devenus seigneurs et le sont restés.

Bien que ce traité ne fut qu'officiellement publié durant l'Hiver de l'an 25, la création de cet ouvrage créa de nombreuses polémiques au sein de la noblesse grisonnante. Parce que l'ouvrage ne donnait pas de conseils moraux aux jeunes seigneurs, et qu'au contraire il conseillait dans certains cas des actions contraires aux bonnes mœurs.

Le seigneur Scot Moore fut donc accusé d'immoralisme par Dun Argol. Des accusations qui, à la fin, servirent autant que de mettre de l'huile sur un feu. Car le livre avait été approuvé par de nombreux seigneurs du Nord, dont le seigneur Gildass Lawliet, qui contre toute attente accepta la publication publique d'un tel traité après des demandes de nombreux penseurs grisonnants.

Les premiers chapites de "La Politique Grise - Scot Moore"Modifier

Il n'y a que deux dominations dans le monde connu : les républiques et la souveraineté.

Des souverainetés qui ne peuvent être qu'héréditaires ou nouvelles.

Celles héréditaires sont celles qui ont étés longtemps possédées par la famille de leur seigneur.

Les nouvelles, ou le sont tout à fait, comme Bois-Rouge le fut pour Sigmar Draken, ou elles sont comme des membres ajoutés aux états héréditaires du seigneur qui les a acquises ; et tel a été la Lune Sanguine à l'égard des seigneurs de Browmanwood.

Chapitre I - Les souverainetés héréditairesModifier

Je ne traiterai point ici des républiques, celles-ci étant trop peu nombreuses dans le monde connu : je ne m'occuperai que des souverainetés et, reprenant le fil des distinctions que je viens d'établir, j'examinerai comment, dans ces diverses théories, les seigneurs peuvent se conduire et se maintenir.

Il est bien facile, dans une souveraineté héréditaire, de façonner l'obéissance envers la famille du seigneur : il suffit au seigneur de ne point outrepasser les bornes posées par ses ancêtres, et de temporiser avec les événements. Même si celui-ci ne fût-il doué que d'une capacité ordinaire, il saura se maintenir sur le trône - à moins qu'une force irrésistible et hors de toute prévoyance ne l'en renverse -. Mais alors même qu'il l'aura perdu, il suffira du moindre revers éprouvé par l'usurpateur pour qu'il puisse aisément le recouvrer.

Les Grisonnes nous en offre un exemple parfait avec le comte de Cœur-de-bois ; s'il a résisté, pendant plus de 20 ans, aux attaques de la maison Amerton, et, pendant plus de 5 ans, à celles du Haut-Conseil et de l'église, c'est uniquement parce que la famille des seigneurs était établie depuis longtemps dans son comté. En effet, un souverain héréditaire a bien peu de raisons de se faire haïr par ses sujet : il en est par cela même bien plus aimé ; et, à moins que des vices extraordinaires ne le fassent haïr, ils doivent naturellement lui être bien-aimé. Dans l'ancienneté et dans la longue continuation d'une puissance, la mémoire des précédentes innovations s'efface ; les causes qui les avaient produites s'évanouissent : il y a donc plus de ces sortes de "pierres d'attente" qu'une révolution laisse toujours derrière elle pour, dans le futur, en appuyer une seconde.

Chapitre II - Les souverainetés mixtesModifier

C'est dans une souverainté nouvelle que toutes les difficultés se rencontrent.

D'abord, si elle n'est pas entièrement nouvelle, mais ajoutée comme un membre à une autre en sorte qu'elles forment ensemble un corps qu'on peut appeler mixte, il y a une source de changement, de difficulté naturelle inhérente toutes les souverainetés nouvelles : c'est que les hommes aiment changer de maître dans l'espoir d'améliorer leur sort ; que cette espérance leur met les armes à la main contre leur gouvernement actuel ; mais qu'ensuite l'expérience leur fait voir qu'ils se sont trompés et qu'ils n'ont fait qu'empirer leur situation.  Une conséquence inévitable d'une autre nécessité naturelle où se trouve ordinairement le nouveau souverain d'accabler ses sujets et, par l'entretient de ses armées, et par une infinité d'autres charges qu'entraînent à leur suite les nouvelles conquêtes.

La position de ce souverain est telle que, d'une part, il a pour ennemis tous ceux dont il a blessé les intérêts en s'emparant de leur souveraineté passé ; et que, de l'autre, il ne peut conserver l'amitié et la fidélité de ceux qui lui en ont facilité l'entrée, soit par impuissance où il se trouve de les satisfaire autant qu'ils se l'étaient promis, soit parce qu'il ne lui convient pas d'employer contre eux ces remèdes héroïques dont la reconnaissance le force à s'abstenir ; car, peu importe la puissance qu'un souverain ait par ses armées, il a toujours besoin, pour entrer dans un pays, d'être aidé par la faveur des habitants.

Voilà pourquoi Weddrich Lawliet, premier roi de Browmanwood, se rendit maître en un instant du Fjord, et qu'il perdit de même façon.

En effet, les habitants qui lui avaient ouvert les portes, se voyant trompés dans leur espoir, et frustrés des avantages qu'ils avaient attendus, ne purent supporter les dégoûts d'une nouvelle domination par un souverain tyrannique.

Il est bien vrai que lorsqu'on reconquiert des pays qui se sont ainsi rebellés, on les perd plus difficilement : le conquérant, se prévalant de cette rébellion, procède avec moins de mesure dans les moyens d'assurer sa conquête ; soit en punissant les coupables, soit en recherchant les suspects, soit en fortifiant toutes les parties faibles de ses états.

Voilà pourquoi il suffit, pour enlever le Fjord des mains du Lawliet, d'un seigneur Amerton excitant quelques rumeurs. Car ainsi, le seigneur Amerton su réunir tout le monde contre lui, qu'il su disperser ses armées entièrement, et qu'on le chassât du Nord.

Il est bon de s'arrêter un peu plus sur l'expulsion du roi Lawliet, d'examiner les moyens qu'il pouvait employer et dont tout autre souverain pourrait se servir en pareille circonstance, pour se maintenir un peu mieux dans ses nouvelles conquêtes que ne fit le premier roi du Nord.

Je dis donc que les états conquis pour être réunis à ceux qui appartiennent depuis longtemps au conquérant, ceux qui sont ou ne sont pas dans la même contrée que ces derniers, et ceux qui ont ou n'ont ou n'ont pas la même langue.

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